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Version complète : Georges Lautner - Filmographie
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profondo rosso
Fils de la comédienne Renée Saint Cyr, un des très grands réalisateurs français des 60's et 70's, de la trempe des Verneuil dans la capacité d'aborder différents genres avec un égal brio. Cependant un goût prononcé pour le loufoque oriente régulièrement la plupart de ses meilleurs film vers la comédie. On peut diviser sa carrière entre les grosses comédies policières du début 60's avec la collaboration régulière de Michel Audiard (Les Tontons Flingueurs, Les Barbouzes, Le Pacha...), un âge d'or dans la première partie des 70's avec une série de comédie de genre brillante et inventives (La Valise, Il était une fois un flic, On aura tout vu) tandis qu'en fin de décennie il réalise quelques uns des meilleurs actionner de Belmondo de l'époque (Flic ou Voyou, Le Professionnel). Entre toute ses périodes il aura régulièrement su aborder des registres différents, le thriller sérieux avec "Les seins de Glace", une veine plus auteurisante avec "La Route de Salina", et même le vrai nanar beauf avec l'inénarrable "Ils sont fous ces sorciers". Les 80's sont plus difficile avec un Bebel de trop ( le moyen "Joyeuse Pâques") et des films moins convaincant dans un registre qu'il maitrise bien pourtant ("La Vie dissolue de Gerard Floque", la cata "la cage aux folles 3"). Dernier film cinéma à ce jour "l'inconnu dans la maison" en 1992.

Filmo

CITATION
* 1958 : La Môme aux boutons
* 1960 : Marche ou crève
* 1960 : Arrêtez les tambours
* 1961 : Le Monocle noir
* 1962 : Le Septième juré
* 1962 : En plein cirage
* 1962 : L'Œil du Monocle
* 1963 : Les Tontons flingueurs
* 1964 : Des pissenlits par la racine
* 1964 : Le Monocle rit jaune
* 1964 : Les Barbouzes
* 1965 : Les Bons Vivants, co-réalisé avec Gilles Grangier
* 1966 : Galia
* 1966 : Ne nous fâchons pas
* 1967 : La Grande sauterelle
* 1968 : Fleur d'oseille
* 1968 : Le Pacha
* 1971 : Il était une fois un flic
* 1971 : Sur la route de Salina (Road to Salina)
* 1971 : Laisse aller, c'est une valse
* 1973 : Quelques messieurs trop tranquilles
* 1973 : La Valise
* 1974 : Les Seins de glace
* 1975 : Pas de problème !
* 1976 : On aura tout vu
* 1977 : Mort d'un pourri
* 1978 : Ils sont fous ces sorciers
* 1979 : Flic ou voyou
* 1980 : Le Guignolo
* 1981 : Est-ce bien raisonnable ?
* 1981 : Le Professionnel
* 1983 : Attention ! Une femme peut en cacher une autre
* 1984 : Joyeuses Pâques
* 1984 : Le Cowboy
* 1985 : La Cage aux folles 3 - 'Elles' se marient
* 1987 : La Vie dissolue de Gérard Floque
* 1988 : La Maison assassinée
* 1989 : L'Invité surprise
* 1990 : Présumé dangereux
* 1991 : Triplex
* 1992 : Room service
* 1992 : Prêcheur en eau trouble (TV)
* 1992 : L'Inconnu dans la maison
* 1994 : L'Homme de mes rêves (TV)
* 1996 : Le Comédien (TV)
* 2000 : Scénarios sur la drogue (segment Le bistrot)


je cause de quelques films en vrac et à vous de jouer réhabilitons Lautner !
profondo rosso
Les Tontons Flingueurs (1963)



Fernand Naudin (Lino Ventura), un ex-truand reconverti dans le négoce de machines agricoles, à Montauban. Sa petite vie tranquille va basculer lorsque son ami d'enfance, Louis dit le Mexicain, un gangster notoire, de retour à Paris, l'appelle à son chevet...

Celui-ci, mourant, confie à Fernand, avant de s'éteindre, la gestion de ses « affaires » ainsi que l'éducation de sa petite Patricia (Sabine Sinjen), au mécontentement de ses troupes et sous la neutralité bienveillante de maître Folace (Francis Blanche) son notaire, qui ne s'émeut pas trop de la querelle de succession à venir.

Fernand Naudin doit affronter les frères Volfoni – Raoul (Bernard Blier) et Paul (Jean Lefebvre) – qui ont des visées sur les affaires du Mexicain : un tripot clandestin, une distillerie tout aussi clandestine, une maison close, etc. D'autres "vilains" vont se révéler être trés intéressés par la succession dont Théo et son ami Tomate.


Le grand classique de la comédie policière française. Une intrigue classique du genre progressivement dynamitée par Lautner qui applique ici pour la 1ere fois la formule de plusieurs de ses films à venir. Situations décalées (le vieux gentleman qui vient voir Ventura en plein durant la fusillade finale), personnages plus loufoques les uns que les autres (mention spéciale à Claude Rich en fiancé précieux et surtout Robert Dalban en majordome pseudo anglais et ancien cambrioleur) pour une grand moment de délire. Ca démarre donc sobrement avec ce récit de rivalité et de succession chez les gangsters pour peu à peu joyeusement se dérider, au point d'en oublier l'objet policier en plein milieu de film avec une séquence de beuverie mémorable où les bandes de Ventura et Blier se rabibochent. La réalisation de Lautner est pleine d'invention, parvenant à bien mettre en valeur les acteurs lorsqu'ils balancent les dialogues géniaux de Michel Audiard (avec des gros plans savamment distillés cachant la pauvreté ou l'absence de décor) et traduisant par l'image le côté décalé de l'ensemble avec pas mal de plans et de cadrages expressionnistes alambiqués évoquant le cinéma d'Orson Welles. Casting grandiose, Lino Ventura bien moins monolithique qu'à l'accoutumée (comme sur les deux autres Lautner qu'il tournera) qui se laisse par moment aller à la franche gaudriole (la danse dans la maison pour éviter les balles), Bernard Blier en grande gueule trouillarde et son frère incarné par Jean Lefebvre. Les seconds rôle étrangers Horst Franck (sacré guele et regard inquiétant) et Venantino Venantini sont tout aussi bon mais un vrai problème de compréhension des dialogues par moment vu leurs accent très prononcé, le mal des coprod internationale. 6/6

Patricia, mon petit... Je voudrais pas te paraître vieux jeu ni encore moins grossier. L'homme de la Pampa parfois rude reste toujours courtois mais la vérité m'oblige à te le dire : ton Antoine commence à me les briser menu !

Vous avez beau dire, y'a pas seulement que de la pomme, y'a aut'chose. Ça serait pas dès fois de la betterave, hein ?

Les cons, ça ose tout. C'est même à ça qu'on les reconnaît.


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profondo rosso
Les barbouzes (1964)



Le film commence par la mort d'un marchand d'armes, Benar Shah, et son enterrement qui réunit, autour de sa veuve Amaranthe, un quatuor de barbouzes. Il y a son faux cousin français Francis Lagneau, son faux psychanalyste allemand Hans Müller, son faux frère de lait soviétique Boris Vassilieff et son faux confesseur suisse Eusebio Cafarelli. Tous sont là pour récupérer les secrets et l'héritage de l'industriel (des brevets sur des armes atomiques), mandatés par leurs gouvernements respectifs. Il faut aussi compter avec les dollars de l'Américain O'Brien et la présence de nombreux Chinois dans les passages secrets du château.

Le Français dispose d’une autre arme pour arriver à ses fins : la séduction.


Un an après le succès des "Tontons Flingueurs" la même équipe remet le couvert, c'est cette fois le film d'espionnage qui passe à la moulinette farceuse de Lautner. Si "Les Tontons Flingueurs" gardait une patine un peu plus classique en respectant sa trame de film policier malgré le délire ambiant, il en est tout autrement ici avec un scénario en roue libre et pas dénué de baisse de régime. Cela est largement rattrapé par le foisonnement d'idées, de rebondissement et de ruptures de ton tout azimuts. La scène d'ouverture avec son escalade de coups fourré entre agents dans le train annonce le ton, tout est possible. la voix off décalée, le texte faussement sérieux vantant les mérites du métiers de barbouzes et la présentation loufoque des différents agents secrets, c'est quasiment la "Rubric à brac" de Gotlib avant l'heure mise en image, et on se dit que le OSS 117 de Jean Dujardin doit bien plus au film de Lautner qu'aux romans ou au films sortis à la même époque (Ventura arrogant et goguenard, le patriotisme second degré assumé, la photo du Général De Gaule).
Se reposant beaucoup moins sur les dialogues d'Audiard, Lautner fait preuve de bien plus de maîtrise que sur les "Tontons" et l'humour essentiellement visuel fait mouche à chaque fois : les pièges que se tendent les espions sont à mourir de rire (la chasse d'eau piégée de Lino Ventura laugh.gif ), les moments totalement décalés hilarant (Mireille Darc qui se maquille comme si de rien n'était en pleine baston dantesque) et l'invasion du château par les chinois (déjà une grande peur à l'époque icon_mrgreen.gif ) grandiose. On retrouve en plus amplifié et maîtrisé plusieurs des aspects développés dans les "Tontons Flingueurs", les cadrages alambiqués, les contre plongés surprenantes très bd dans l'esprit, les pur moments expressionnistes et outrés à la Orson Welles...
Casting exeptionnel en tout point, Lino Ventura (seul à être un tantinet sérieux et stoïque) est parfait en espion dur à cuire et touchant en séducteur maladroit, Francis Blanche en roue libre en espion russe fait des étincelles et Bernard Blier en faux prêtre roublard excelle. Plongée au milieu du chaos Mireille Darc (qui a fait son entrée dans la joyeuse famille dans le précédent Lautner "Des Pissenlits par la racine") est parfaite en veuve (première apparition en voile noir et sous vêtement wub.gif ) faussement naïve et montre des capacités de timing comique phénoménales et qui ne feront que s'améliorer dans ses films suivant. 6/6
profondo rosso
Des Pissenlits par la racine (1964)



Jo Arengeot (Maurice Biraud) et "Pommes-chips" (Gianni Musy) viennent de sortir de prison. Jo demande à Pommes-chips de jouer pour lui au tiercé. Enfin, Pommes-chips retrouve Jack (Louis De Funès), un rival amoureux, et le poursuit pour le tuer. Finalement, c'est Jack qui tue Pommes-chips, avant que Jo ne découvre qu'il a gagné au tiercé, et n'essaie de récupérer son ticket.

Scénario génial, un cast de fous furieux (De Funès, Francis Blanche, Michel Serrault, Darry Cowl) tous au trousses d'un ticket de tiercé gagnant coincé dans la poche d'un cadavre qui se ballade dans Paris. Lautner multiplie les situations rocambolesque dont il a le secret (le mécanisme météo qui se déchaine dans le théâtre, De Funès malmené dans la contrebasse) dans cette course poursuite bien vénale. De Funès étonne en abordant un registre plus sombre qu'à l'accoutumée, loin du français moyen raciste qu'on connait, un gangster prêt à tout pour sauver sa peau. Mireille Darc fait une entrée fracassante dans la famille Lautner, totalement affolante en fausse ingénue et vrai femme fatale. Et une nouvelle fois les dialogues de Audiard sont éclatant de drôlerie.

Je suis pas Lawrence d'Arabie. Je traverse pas le désert sans boire.
profondo rosso
Ne nous fâchons pas (1966)



Antoine Beretto, ancien gangster, est armateur sur la côte d'Azur. Il accepte pour ses anciens amis de retrouver un escroc en cavale (Jean Lefèbvre). Celui-ci est un « fléau » qui traîne à ses basques un gang de Britanniques menés par un certain « Colonel »…


Les situations entrevues dans "Les barbouzes" et "les tontons" sont ici poussée dans leurs derniers retranchements. Ca démarre sur les chapeau de roues avec un Lino Ventura voulant se faire rembourser une dette par Jean Lefèbvre et qui se retrouve confronté à un redoutable gangster anglais. Après cette mise en place parfaite le film par totalement en roue libre avec un Lautner qui multiplie les situations les plus absurdes et les gags surréaliste (dont un final vengeur tordant où la bande à Ventura multiplie les attentats farfelus contre l'anglais). Ventura en gros sanguin faisant des efforts pour se contrôler (le titre y fait d'ailleurs référence) est parfait tout comme les autres habituels de Lautner comme le génial Michel Constantin ou la magnifique Mireille Darc (moins bombe sexuelle que dans d'autres Lautner) bien aidé par des dialogues aux petits oignons de Michel Audiard (Constantin qui propose de prendre le volant à Ventura qui vient de pulvériser un décor et de faire 3 tonneau en voiture et ce dernier qui répond "je peux pas quand je conduit pas j'ai peur" icon_mrgreen.gif ). Les ennemis anglais permettent à Lautner d'aborder un humour plus orienté Swinging London avec les hommes de mains du méchant qui arborent de parfait look de mods et roule en mobylette et une bande son rock psyché des plus réussie. Pas aussi carré et efficace que "Les Barbouzes" ou "Les Tontons Flingueurs" mais sacrément jubilatoire.
profondo rosso
Laisse aller... C'est une valse (1971)



Serge Aubin (Jean Yanne) sort de prison, après y avoir purgé une peine de 2 ans pour le vol de bijoux. A sa sortie, il va rejoindre son épouse Carla (Mireille Darc), qu'il croit être responsable de son emprisonnement et l'enlève, avec l'aide de son ami Michel (Michel Constantin)...

Comédie policière royale comme sait si bien les pondre Lautner dans les 70's, matinée de comédie de remariage et de screwball comedy franchouillarde. Si on atteint pas le niveau de "La valise" à cause d'un scénario parfois un peu en roue libre, ça reste sacrément divertissant. quasiment une idée de gag, de mise en scène décalée ou de situations extravagante à la minute : Constantin qui entre par effraction dans un appartement et tombe sur une masochistes, une scène de sexe entre jean Yanne et Mireille Darc complètement allumée, nos héros qui braquent une station service et tombe sur des chasseurs imbibés et armés jusqu'aux dents, un gunfight façon cinéma muet... Jean Yanne nonchalant et bourru s'intègre parfaitement à l'univers de Lautner, Mireille Darc tout en charme et second degré réjouissant toujours aussi épatante (aucune star féminine française de l'époque n'aurait osée une pareille scène de sexe) et Michel Constantin en gros dur à cuire un peu lunaire. Plus drôle , inventif et trépidant que la plupart des comédies populaire de genre actuelle pourquoi on ne sais plus en faire des comme ça ?
profondo rosso
La valise (1974)



Enfermé dans une valise diplomatique, un membre des services secrets israeliens (Jean Pierre Marielle) doit quitter un pays du moyen-orient. Les services secrets français décident de l'aider en lui envoyant le Capitaine Augier (Michel Constantin) en renfort. Il souhaite cependant auparavant revoir son amante Françoise (Mireille Darc) dont les deux hommes vont se disputer les faveurs au termes d'une séries de péripéties.

Le film anticipe "Les aventures de rabbi Jacob" pour son mélange de grosse comédie et de fond politique grave ainsi que son message de paix. Difficile d'imaginer une comédie mise en route aujourd'hui sur un tel sujet. Si Lautner n'abandonne pas sa loufoquerie légendaire (la parodie de western spagheti en arabe au début), le film étonne par le ton romantique et désenchanté qu'il dégage porté par un casting haut de gamme et le score splendide de Philippe Sarde. Jean Pierre Marielle par son jeu complexe parvient à donner à son personnage une lumière tout à la fois amoureuse et burlesque, Michel Constantin est aussi ridicule que touchant en espion ahuri et Mireille Darc explose dans ce rôle de femme, loin de la jolie ingénue des débuts tout en affirmant son statut de sex symbol français des 70's (dont un full frontal parmis les plus classe de l'histoire du cinéma) confirmé avec la série des "Grand Blond". Une des réalisation les plus réussies de Lautner également avec de superbes scènes tournées au Moyen Orient et la fin ouverte est des plus belles.
profondo rosso


C'est tout pour l'instant mais concluons sur une bonne note vu que j'ai tant vanté ses mérites icon_mrgreen.gif



Mireeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeille
ogamiitto
Geoges Lautner c'est la classe et pis c'est tout !

Pour moi son meilleur film 60's ça reste Les Tontons Flingueurs mais je suis pas trés objectif c'est grâce à ce film que j'ai découvert Lino Ventura quand j'étais pitit et depuis je vénére cet acteur .

Sinon je plussoie avec toutes tes critiques , prof .

Heu j'adore la maison assassinée avec Patriiiiiiiiiiiiiiick Bruel , c'est grave ?

EDIT ; Je viens de revoir la premiére apparition de Mireille Darc dans les Barbouzes et ça vaut largement le dos nu dans Le grand blond avec une chaussure noire . wub.gif
profondo rosso
CITATION(ogamiitto @ 20 5 2008 - 20:59) *
Heu j'adore la maison assassinée avec Patriiiiiiiiiiiiiiick Bruel , c'est grave ?



Je connais moins (en fait surtout moins de souvenir) de la dernière période de Lautner donc tant mieux si tu peux en parler mieux que moi ici wink.gif


CITATION
EDIT ; Je viens de revoir la premiére apparition de Mireille Darc dans les Barbouzes et ça vaut largement le dos nu dans Le grand blond avec une chaussure noire . wub.gif


wub.gif et oui elle est géniale cette actrice !
ogamiitto


A son retour de la guerre de 14, Séraphin apprend que sa famille a été égorgée. Il retrouve des documents qui lui indiquent les coupables. Mais les présumés assassins meurent avant qu'il ne puisse accomplir sa terrible vengeance.

Lautner c'est la simplicité au service de l'efficacité , sur un tel sujet pas d'effets chocs faciles . Les acteurs se chargent de faire vivre leur personnage , Lautner n'appuie jamais sa mise en scéne pour illustrer tel ou tel sentiment , mais ce qui me semble de plus en plus rare se contente de bien filmer son histoire . Bruel que je n'aime pas du tout habituellement et excellent dans le rôle de Seraphin , ainsi que le génial Yann Colette . Sans les mettre sur un pied d'égalité , le film m'a rappelé dans son histoire et son traitement " L'homme des hautes plaines " de Eastwood . Le film est soutenu par un grand score mélancolique de Phillipe Sarde .
Lo Strano Brutto
Georges Lautner est pour moi synonyme de mes meilleurs souvenirs de comédies populaires française.

Sinon, réhabilitation ? Pourquoi ? Quelqu'un oserait encore douter de l'immense talent, que dis-je, du génie de ce grand homme si discret ? Si humble qu'il rougit presque lorsqu'on lui dit qu'il a participé à la renommée de certains acteurs français parmi les meilleurs (vu dans une interview télé assez récemment…)… Et j'ajouterai sur les mots du meilleur… Car pour mettre en image avec autant de brio les dialogues de Audiard, oui, il faut du génie ! (enfin je pense…)

Georges Lautner, ou l'époque (révolue ?) où le cinéma populaire français était généreux et n'avait pas cet arrière goût de pure ambition mercantile…

Je ne m'étendrai pas sur mes trois préférés, Les Barbouzes, Ne nous fâchons pas et La Valise, puisque profondo rosso l'a fait beaucoup mieux que je ne saurais le faire…

En tout cas merci pour ce sujet qui m'a donné envie de faire des folies avec ma carte bleue ! putain, ma femme va me tuer ninja.gif
ouaisbiensur


Prof ayant déjà pas mal déblayé le terrain en parlant des titres les plus glorieux, quelques mots sur cette comédie franchouillarde et qui fleure bon le patchouli où un village voit débarquer d'un drôle d'oeil une bande de joyeux hippies avec leurs motos et leurs colliers de fleurs.

Même si on ne retrouve évidemment pas ici la verve d'Audiard (Lautner au scénario avec Alain Poiré), le film mérite bien un petit coup d'oeil pour le défilé de gueules de premier ordre : l'inénarrable Jean Lefèbvre qui échappa de peu à l'Oscar pour son rôle d'épicier chargé de transmettre les communications durant la bataille finale à coup de cocktails molotov trop chargés en savon, Galabru tout en retenue dans son imitation de caniche pour draguer les petites pépées, Paul Préboist au volant de son tracteur préféré, Henry Guibet en fossoyeur breton et last but not least l'immense André Pousse qui en prend plein la gueule comme à chaque fois en truand à la gâchette facile.

Pas du niveau de ses titres de gloire mais moins autre qu'Ils sont fous ces sorciers qui lorgnait dangereusement vers un Max Pécas sans topless (et donc sans intérêt).

Un petit florilège ici hop.

Il y avait pas un topic sur la trilogie du Monocle ? EDIT : Bah si, ici.
profondo rosso
Pas vu celui ci mais le cast haut en couleur et le pitch font envie (pas mal de ces acteurs doivent les rares bons films de leurs carrière à Lautner quand même), à propos du Monocle à noter un petit caméo de Paul Meurisse en Monocle à la fin des Tontons Flingueur...

edit : mortel ton extrait ! Galabru icon_mrgreen.gif
Doc Personne
Ah Jean Lefevre a eu une carrière assez poucrave mais est génial dans le rôle de Léonard Michalon dans Ne nous fâchons pas.
D'ailleurs je crois me souvenir qu'il porte le même nom dans Quelques messieurs trop tranquilles (edit : julien Michalon) et dans un autre Lautner Pas de problèmes où il joue cette fois Edmond Michanlon, le père de Bernard Menez.

Je ne sais pas si Lautner a déjà parlé de ce running gag quelque part.

Sinon Constantin est lui aussi très très bon dans pas mal de Lautner. Je l'adore spécialement dans La valise mais aussi dans Ne nous fâchons pas.

Sinon j'attends toujours l'édition dvd du 2ème monocle que je n'ai jamais vu... sweat.gif
Lilithx
J'adore ses films et ses acteurs fétiches ! On ne sait plus faire des films comme cela aujourd'hui car serieux un film du genre les tchtis franchement c'est plus que navrant ! Ah il est loin le temps des films que j'aimais, toutes ces gueules particulieres... snif
Pierru
Revu aussi Les Barbouzes hier et c'est vraiment à chaque fois un putain de plaisir. C'étaient des films inexportables et typiques, en grande partie grâce aux dialogues géniaux d'Audiard, et à nos trognes inimitables. Mes préférés étant Les Tontons Flingueurs, Les Barbouzes et Le Pacha. Après les très bonnes review de Prof, il faut aussi faire une mention spéciale aux bruitages terribles dans les films des 60's (le son des flingues à silencieux est à se pisser dessus dans Les Barbouzes et Les Tontons Flingueurs) et l'ambiance musicale qui fout toujours la pêche.
profondo rosso
CITATION(Pierru @ 21 5 2008 - 15:49) *
il faut aussi faire une mention spéciale aux bruitages terribles dans les films des 60's (le son des flingues à silencieux est à se pisser dessus dans Les Barbouzes et Les Tontons Flingueurs) et l'ambiance musicale qui fout toujours la pêche.


oui c'est vrai que les bruitages des flingues sont vraiment drôle et participe bien à l'ambiance décalée (le record ça doit être dans "Laisse aller... c'est une valse" avec un gunfight en campagne icon_mrgreen.gif )

Sinon on poursuit le défrichage

Les seins de glace (1974)



François (Claude Brasseur), un écrivain de télévision, est venu travailler à Nice. Au cours d'une promenade sur la plage, il rencontre une femme, Peggy (Mireille Darc). Des meurtres sont commis. Peggy est le suspect numero 1. Deux ans plus tôt, elle avait tué son mari, qui l'avait forcé à se prostituer pour la drogue. Elle ne semble ne pas être guerrie et est suveillée de près par son avocat Marc Rilson (Alain Delon), amoureux d'elle.

Adapté d'un roman de Richard Matheson, "Someone is Bleeding", une incursion de Lautner dans le thriller psychologique. Il s'en sort remarquablement bien, notamment dans une première partie de haute volée. Une ambiance trouble et étrange, avec une Mireille Darc froide et distante dont le passé mystérieux se dévoile progressivement au fil de la séduction de Claude Brasseur. Une belle réussite plastique avec une photo hivernale et diaphane de Maurice Fellous qui crée immédiatement une vraie ambiance, des cadrages millimétrés de Lautner dans un Nice froid et inquiétant. Des moments d'angoisse pures sacrément efficace comme la visite d'un immeuble où Brasseur et Mireille Darc se retrouvent coincés dans un ascenceur puis dans un parking dont il se dégage une vraie ambiance fantastique. D'ailleurs Lautner lorgne assez ouvertement vers le giallo par instant avec des meurtres bien graphiques et sanglant (dont un aux ciseau bien gratiné), des plans signature (la tige de fleur coupé par un rasoir lors du final) et un le beau score mélancolique de Philippe Sarde qui se teinte par instants de ligne de basse et de son synthétique typique des thriller transalpins.
Le soufflé retombe un peu dans la deuxième partie surtout à cause du scénario qui répète un peu trop certaines situations (les atermoiements de Mireille Darc entre Delon et Brasseur) mais c'est sans compter un final scotchant de noirceur et de mélancolie. Delon qu'on prends pour le méchant jusque là devient un personnage tragique bouleversant contraint de faire l'impensable par amour (le fait qu'il soit avec Mireille Darc à l'époque aide bien à l'intensité du moment) et le dernier regard de Mireille Darc ( excellente loin de ces rôle de comédie à la fois inquiétante et touchante dans sa folie) hante longtemps le spectateur. j'aurais seulement quelques réserves sur la prestation de Claude Brasseur, un peu trop orienté comédie et qui casse le ton du film (dont une scène où apparait Philippe Castelli qui vaut son pesant de cacahuète). 5/6

Et l'amateur de Mireille Darc a droit à une bien belle scène sur la fin étonnant que Roger Moore ne soit pas encore passé par ici nous faire profiter des ses (probablement nombreuses) archives personnelles sur la dame... icon_mrgreen.gif
shogun
Fan de Lautner (et d'Audiard), trois de ses films font partis de mon top 10 des films français (Les Tontons Flingueurs, Les Barbouzes et Ne Nous fachons pas!).

Dans ces vieux films on remarque tout ce qu'il manque au cinéma français actuel : des excellents dialogues, des comédiens avec des gueules et de la bouteille et Mireille Darc (sublime femme parfaite).
jigsaw
Je garde un grand souvenir des Tontons Flingueurs par contre Le Professionel j'ai pas accroché des masses. C'est plutot sympathique mais le film sombre parfois dans le ridicule (Bebel avec les clodos, la bad girl, le duel western spaghetti). Y'a aussi un probléme de dosage : le film affiche un certain 1er degré mais nous livre des passages burlesques brutaux qui tombent comme des cheveux dans la soupe.Et le score Royal Canin de Morricone n'est pas le meilleur de sa carriére.

Bref j'ai eu l'impression de matter un OVNI.
profondo rosso


Pour le score c'est le contre coup des pubs que n'ont pas ressentis les spectateurs à l'époque ça biaise un peu l'opinion qu'on peut en avoir. Sinon c'est vrai que le grand écart entre l'intrigue d'espionnage plutôt sérieuse et les péripéties barrées jure un peu mais ça reste un Bebel de série sympa à regarder. Pas revu depuis bien longtemps faudra que je me retente ça voir si ça a pris un si gros coup dans l'aile...
profondo rosso


Il était une fois un flic (1971)



Quand Louis Lopez, le bras droit d'un des grands patrons français de la drogue, est abattu à Nice, le commissaire Campana décide de se faire passer pour le frère du caïd pour démanteler le gang qui sévit en France. Célibataire endurci, le voilà contraint de jouer les mari et bon père de famille avec une de ses collègues, Christine, et son fils, Bertrand. Mais la police de Nice, qui n'est pas informée de la supercherie, commence à filer la petite famille...

Un excellent divertissement familial orchestré par Lautner. Un très bon scénario qui mêle intrigue policière carrée (qui aurait pu être un poile plus dure mais l'option tout public l'en empêche) et comédie. Le principal moteur comique est Michel Constantin vieux flic célibataire plein de manie rapidement dépassé par les aléas de la vie de famille avec un gamin turbulent et Mireille Darc en maman sexy. L'attachement mutuel né de la situation et la vraie famille qui se constitue au final est vraiment bien amené (scénario de Francis Veber encore doué à l'époque) et occasionne les moments les plus comiques (Constantin complètement perdu au réveil) et attachant du film. A côté de ça l'aspect policier, malgré le ton léger (il y aurait vraiment un vrai polar à faire sur le même pitch) est vraiment bien mené avec Constantin infiltré et tarqué à la fois par la police et les gangsters (dont un redoutable duo de tueurs américains qui évoque celui des "Diamants sont éternels"). Dans un style plus sobre que d'ordinaire, Lautner met la pédale douce sur les gags même si il ne peut complètement s'en empêcher (le mort en ouverture dont les pièces atterissent dans le chapeau d'un aveugle...). Sympathique apparition du génial Robert Dalban habitué des films de Lautner (même le directeur photo Marcel Fellous fait un petit caméo). Pas son meilleur mais au dessus de n'importe quelle comédie populaire française actuelle dans le style. 4,5/6

ouaisbiensur
CITATION(profondo rosso @ 20 5 2008 - 20:52) *
La valise (1974)



Enfermé dans une valise diplomatique, un membre des services secrets israeliens (Jean Pierre Marielle) doit quitter un pays du moyen-orient. Les services secrets français décident de l'aider en lui envoyant le Capitaine Augier (Michel Constantin) en renfort. Il souhaite cependant auparavant revoir son amante Françoise (Mireille Darc) dont les deux hommes vont se disputer les faveurs au termes d'une séries de péripéties.

Le film anticipe "Les aventures de rabbi Jacob" pour son mélange de grosse comédie et de fond politique grave ainsi que son message de paix. Difficile d'imaginer une comédie mise en route aujourd'hui sur un tel sujet. Si Lautner n'abandonne pas sa loufoquerie légendaire (la parodie de western spagheti en arabe au début), le film étonne par le ton romantique et désenchanté qu'il dégage porté par un casting haut de gamme et le score splendide de Philippe Sarde. Jean Pierre Marielle par son jeu complexe parvient à donner à son personnage une lumière tout à la fois amoureuse et burlesque, Michel Constantin est aussi ridicule que touchant en espion ahuri et Mireille Darc explose dans ce rôle de femme, loin de la jolie ingénue des débuts tout en affirmant son statut de sex symbol français des 70's (dont un full frontal parmis les plus classe de l'histoire du cinéma) confirmé avec la série des "Grand Blond". Une des réalisation les plus réussies de Lautner également avec de superbes scènes tournées au Moyen Orient et la fin ouverte est des plus belles.



- Seriez pas un peu antisémite vous, capitaine ?
- Moi ? Non mais j'aime pas le gras.

Plus revu depuis perpète, bien accroché au ton mélancolique de cette histoire d'espions qui commencent à en avoir leur claque de faire passer leur pays avant tout le reste. Le thème était déjà abordé dans les barbouzes mais ici sans le côté parodie de films d'espionnage qui a pris un petit coup de vieux (pas taper). Le duo Marielle/Constantin marche à fond, en compétition pour Mireille Darc en rôle de vamp fatale (rarement été aussi bien filmée, la scène en robe du soir dans le hall, on tombe amoureux direct)(Prof a cité le nu intégral, je comble).

Sujet casse-gueule mais traité avec drôlerie et finesse (Marielle en juif errant ballotté au gré de ses misions de pays en pays perdant de plus en plus l'espoir de revoir un jour sa patrie, belle idée), une jolie réussite. Si en plus on cite les apparitions de Môssieur Lefèbvre en portier au dos fragile et de Galabru en armateur grec porté sur la chose, ça devrait convaincre les derniers indécis.

Le bonus DVD sur le compositeur Philippe Sarde, grand allumé devant l'éternel, vaut à lui seul l'achat. Respect à Lautner pour avoir su éviter le côté cirage de pompes habituel (voir Sarde qui le traite de petit bras pour ne pas avoir gardé la chanson de fin originellement prévue est jouissif).


Revu aussi le plus anecdotique Laisse Aller c'est une valse, un cran en dessous du délire de Ne nous fâchons pas malgré ses bons moments (la scène de lit très ZAZ).
profondo rosso
CITATION(ouaisbiensur @ 27 5 2008 - 01:03) *
Le thème était déjà abordé dans les barbouzes mais ici sans le côté parodie de films d'espionnage qui a pris un petit coup de vieux (pas taper) (...) Mireille Darc en rôle de vamp fatale (rarement été aussi bien filmée, la scène en robe du soir dans le hall, on tombe amoureux direct)(Prof a cité le nu intégral, je comble).



Oui d'ailleurs dans les bonus des "Barbouzes" Lautner admet le côté complètement désuet aujourd'hui du concept de barbouzes, c'est vrai que c'est plus moderne et crédible dans "La Valise" mais ça reste amusant dans son contexte (et OSS 117 de Dujardin peut lui dire un gros merci). Pas réussi a retrouver le full frontal magique de Mireille Darc sur youtube mais mieux vaut encore écouter Jean Pierre Marielle en parler
profondo rosso
Les Bons Vivants (connu aussi sous le titre "Un grand seigneur") (1965)



1/La fermeture : Mr Charles, patron d'une maison close, remet à l'une de ses pensionnaires la lanterne.
2/ Au tribunal : une femme à qui l'on a volé des bijoux, ne cherche qu'a récupérer une lanterne.
3/ Les bons vivants : Une jeune fille s'installe chez un homme et attire tous les membres de l'Athletic-club.


Un film à sketch co réalisé par Gilles Grangier et Georges Lautner qui a pour thème central le "drame" que constitua la fermeture des maisons close pour toute une communauté...

On passe rapidement sur les deux premiers segment réalisé par Grangier, sympathique mais assez anecdotiques au final. Dans le premier, ambiance mortifère de mise avec un Bernard Blier en patron de maison close contraint de fermer son établissement. Blier bien désabusé est génial, on ne peut malgré tout ne pas partager son amertume ainsi que la tristesse et la nostalgie des autres personnages (et ses filles qui ne veulent pas partir) tout en maintenant un second degré féroce (le déménagement de tout les "accessoires" farfelus de la profession icon_mrgreen.gif ). Le second ne vaut que pour les bons mots d'Audiard avec cette ancienne prostituée (joué par Bernadette Laffont) qui cherche à récupérer une lampe souvenir de sa glorieuse jeunesse dans les maisons de plaisir. Défilé de gueule avec Jean Lefevbre et jean Carmet en cambrioleur pieds nickelés ou encore Darry Cowl en avocat allumé, assez amusant par instants lorsque tout le tribunal, juges, policier, témoins et accusés compris se mettent à regretter de concert le bon vieux temps des maisons close en plein procès...

Le gros morceau, c'est bien évidemment le dernier sketch de Lautner, un petit chef d'oeuvre de comédie qui, bien que ce soit une de ses oeuvres les moins connues est un sommet de sa collaboration avec Audiard. Louis de Funès campe un chef d'entreprise psychorigide et acariâtre qui va par un concours de circonstances tomber dans les filets de la prostituée (incarnée par Mireille Darc) et voir sa maison transformée en maison close à son insu et visitée par tout ses amis. De Funès commence par faire du pur de Funès colérique avant de livrer une prestation géniale d'innocence lorsqu'il se fait progressivement amadouer par une Mireille Darc tout en candeur qui fait tourner les tête. Timing comique redoutable avec la maison de de Funès dont le mobilier devient de plus en plus coquin, l'ironie mordante de la narration en voix off (de Philippe Castelli) et les filles de plus en plus nombreuses et de toutes nationalités qui envahissent les lieux sans que De Funes ne se doute de rien. Les second rôles sont parfaits dont un Jean Richard nettement moins raide que quand il campe Maigret, ici un bon pervers provincial amateurs de jeunes filles. 4/6 mais quasi essentiellement pour le segment de Lautner.

Pas le meilleur moment mais un petit extrait assez sympa. http://www.dailymotion.com/relevance/tag/L...ons-vivants_fun
profondo rosso
Le Pacha (1967)




Le commissaire Joss, enquêtant sur un hold-up de diamants exécute au bazooka, constate que de nombreux truands disparaissent de façon violente. Il soupçonne Quinquin, un tueur, mais celui-ci est intouchable, faute de preuves. Quand son ami, Gouvion, qui a eu des faiblesses avec son devoir, est assassine, il décide de réagir.


Un formidable polar, un des tout meilleurs de l'époque produit en France et surtout le film de la rencontre entre le monstre sacré Jean Gabin et le cinéma fou fou de Georges Lautner. Tout le film repose d'ailleurs sur cette opposition entre tradition et modernité. Sur une trame policière en apparente classique, Gabin vestige d'un autre temps traîne sa silhouette imposante de flic à l'ancienne et au méthodes toute personnelles. La présence de Gabin semble avoir obligé Lautner à se réfréner sur le délire mais aussi à être plus rigoureux sur sa narration (on a plus ses fameux moments en roue libre). Sur cette intrigue carrée, Lautner soigne la forme comme jamais (c'est vraiment un de ses film les plus classe visuellement) et apporte une vraie touche moderne et novatrice. S'éloignant de tout réalisme, on délaisse les bureaux poussiéreux du Quai des Orfèvres pour faire évoluer nos flics dans un commissariat aux décors high tech typés 60's particulièrement recherchés et leurs faire utiliser un matériel dernier cri carrément en avance sur la vraie police de l'époque comme la vidéo surveillance. On retrouve ce ton modernes dans d'autres séquences du film. Lautner avait déjà montrer son ancrage dans l'époque avec les tueurs aux look de mods dans "Ne nous fâchons pas", cette fois nous avons droit à un Gabin stoïque qui vient effectuer un interrogatoire dans une boite de nuit hippies où un décor des plus psyché et flower power avec l'appartement de Dany Carel. la mise en scène percutante de Lautner associée à la photo splendide de Maurice Fellous nous donne donc à voir un formidable objet pop preuve qu'en france on savait y faire aussi de ce côté là.
Le film dépoussière l'image du flic et fit un petit scandale à l'époque (visionné par le mistère de l'intérieur avant sa sortie) au vu des méthodes de justicier du divisionnaire incarné par Gabin qui malmène sans étâts d'âmes les malfrats, et qui pour les plus nuisible d'entre eux se fait un plaisir d'éviter la case prison avec l'assentiment de sa hiérarchie.

Le mitan, j'en ai jusque-là ! Voilà quarante ans que le truand me chagne ! Dans mon bureau, au ciné, dans le journal ! En costard clair ou en blouson noir, je l'ai digéré à tous les âges et sous toutes les modes ! Ca tue, ça viole, mais ça fait rêver le bourgeois et reluire les bonnes femmes ! C'est romantique ! Alors je vais me mettre au goût du jour. Les voyous, je vais plus les confier aux jurés de la Seine, je vais les sortir du bal ! Et pas à coup de mandat, à coups de flingue ! Cette fois, y aura pas de non-lieu, ni de remise de peine ! Je vais organiser la Saint-Barthélémy du mitan ! Et je compte sur personne pour me couvrir. Je décroche dans six mois. Je sais que vous avez déjà préparé les allocutions et commandé les petits fours. Alors qu'est-ce que tu veux qui m'arrive ? Je serai privé de gâteau ?

Il en va de même sur la violence totalement décomplexée du film (et pas de bruits de silencieux ridicules pour détendre l'atmosphère) notamment avec les multiples tueries orchestrées par Quinquin (excellent André Pousse) se débarassant de ses complices (dont une où il tue froidement un couple et regarde tranquillement les résultats de son tiercé à la télé) ou bien sûr la vengeance finale de Gabin des plus discutable, sans parler de l'attaque de fourgon au bazooka en ouverture.. N'oublions pas l'excellent score de Serge Gainsbourg (qui participe à la volonté moderniste du film) variante sur son morceau "Requiem pour un con" (il fait une petite apparition où il l'interprète d'ailleurs) composé pour le film (les paroles prennent d'ailleurs tout leurs sens en voyant le film) et qui renforce le côté stylisé de certains instants (la première rencontre entre Quinquin et Dany Carel). Bref on on est pas loin de la perfection (ça manque de Mireille Darc !) pour un des meilleurs Lautner. 5,5/6

J'pense que quand on mettra les cons sur orbite, t'as pas fini de tourner !

très bons bonus d'ailleurs sur l'image du flic véhiculé par le film et la rencontre entre gabin et l'équipe de Lautner bien flippée...




Gabin contre les hippies !



Quinquin grosse crapule



Pas si dur sans Mireille darc en fait



la classe toujours

profondo rosso
On aura tout vu (1976)



François Perrin (Pierre Richard) , photographe désireux de se lancer dans le cinéma, a écrit avec son ami Henri, un scénario baptisé 'Le miroir de l'âme'. Ne trouvant aucun producteur, François confie le scénario au producteur de films pornographiques, Bob Morlock (Jean Pierre Marielle). Ce dernier transforme le film en porno et le baptise 'La vaginale'. Seulement, ce projet devient la source de conflit entre François et son amie Christine (Miou Miou)...


Un sujet dans l'ère du temps avec l'explosion du cinéma porno dans les 70's dont Lautner parvient à faire une comédie touchante, loin de la farce scabreuse qu'on pouvait attendre. Le couple Pierre Richard/Miou Miou est pour beaucoup dans la réussite du film, porté par un scénario astucieux de Francis Veber encore doué à l'époque. Le décalage de ces deux personnages pétri d'amour et d'innocence plongé dans le milieu du porno amène les instants les plus drôle et les plus touchant du film. D'un côté Pierre Richard parfait dans son rôle habituel de doux rêveur lunaire forcé par ambition de revoir ses véleités auteurisante et poétique (et d'avaler les couleuvres de Bob Morlock) et de l'autre Miou Miou débordante de charme et de candeur prête à jouer dans le fameux film pour le dissuader de le réaliser. Les moments où Pierre Richard découvre effaré les modifications apportés à son script (dont une scène de lecture dans un café où les positions sont expliquées allusivement) ainsi que sa découverte du milieu sans complexe du porno (dont une scène de projection énome ) sont excellents à ce titre. Mais Lautner parvient à créer une vraie émotion avec des scène potentiellement vulgaire sur le papier comme ce moment bouleversant où Miou Miou est contrainte les larmes aux yeux d'auditionner en récitant du Molière nues. Le réel attachement ressenti pour les personnages et la tendresse de leur relation crée un vrai ancrage émotionnel au film (très belle scène finale) qui sur le reste se lâche comme le Lautner des meilleurs jours.
Jean Pierre Marielle est énorme en Bob Morlock, forçant le trait à fond sur le côté flambeur et odieux des producteurs de l'époque tout en gardant sa sympathie habituelle et s'octroie les dialogues les plus mémorables du film.

-Dans la dernière production américaine, il y a 1h28 de sexe pour 1h30 de film.
-Et les 2 mn qui reste ?
- Psychologie !


Lautner évite d'ailleurs le procès d'intention au milieu du porno (avouant dans les bonus qu'il allait voir les classqiue de l'époque comme tout le monde) jouant plus sur son côté décalé et bon enfant, et une scène où Miou Miou découvre Pierre Richard enfin réalisateur et à épanoui sur le plateau montre bien que c'est effectivement une manière de débuter comme une autre, sans juger. L'appât du gain suscité par le milieu est d'ailleurs idéalement mis en boite par Lautner avec le rôle de la bourgeoise (jouée par la mère de Lautner René Saint Cyr) prête à investir quand elle découvrira les bénéfices potentiel, exigeant un film "bien raide" et "hardcore" (voir une dame distinguée le dire ça fait bien son effet laugh.gif ). Le film est aussi l'occasion d'apprécier (outre Gérard Jugnot qui a un vrai rôle) les membres de la troupe du Splendid (Michel Blanc encore chevelu et marie Anne Chazel entre autres) qui triompherant deux ans plus tard avec les Bronzés et auquel Lautner donne leur chance (scène filmé au Splendid même). 4,5/6


D'ailleurs beaucoup pensé durant le film à un film espagnol récent "Torremolinos 73" qui est un quasi remake du film de Lautner sur un mode plus dramatique et dont l'intrigue se situe à la même époque, ça vaut le coup d'oeil également.

quelques petits extraits sympathiques
http://www.youtube.com/watch?v=W_ppbts_dAo

http://www.youtube.com/watch?v=dYQVoodWOV0...feature=related
profondo rosso
quadruple post c'est le désert icon_mrgreen.gif sweat.gif


La Grande Sauterelle (1967)



Réfugié à Beyrouth pour échapper à Marco (Georges Geret), Carl (Hardy Krueger), un voleur de charme, retrouve un ancien ami avec qui il fait le projet de kidnapper un milliardaire à la sortie du casino, le soir où il aura gagner beaucoup. Puis il fait la connaissance de Salène (Mireille Darc), une jeune fille très bien, dont il ne peut pas ne pas tomber amoureux.

Bonne grosse claque pour ce qui est pourtant un des Lautner les plus méconnus. Le début laisse à penser qu'on est dans la comédie policière typique dans laquelle Lautner est passé maître, avec un règlement de compte spectaculaire et extravagant et les bons mots du redoutable tueur incarné par Georges Geret. Puis la fuite du héros à Beyrouth apporte une touche exotique et dépaysante et le film de basculer dans le caper movie au mode opératoire assez original dans le genre, et un univers de casino assez classieux. Le film suit ainsi son cours, vampirisé au fur et à mesure par la présence de Mireille Darc, jolie fille que le héros reluque indifféremment avant que diverses rencontres dues aux hasard les poussent progressivement l'un vers l'autre. Ainsi le film quitte totalement sa trajectoire à mis parcours, bousculant nos attentes (comme celui d'un Mireille Darc femme fatale appâtée par le gain) pour un très long aparté romantique totalement où le temps semble s'arrêter. Le couple se livre à coeur ouvert dans de somptueuses ruines romaines, le personnage de Carl tendu à bloc et constamment aux aguets jusque là se dévoile totalement et impossible de ne pas tomber amoureux du personnage libre et insouciant de Mireille Darc. Plus la jolie délurée des premières collaborations avec Lautner et pas encore le sex symbol incendiaire des 70's, juste un personnage de fille toute simple ayant soif d'aventures et de découvertes. Lautner offre quelques moments exceptionnels à ses deux amoureux comme cette scène d'amour avec un vrai/faux concert classique en montage alterné des plus inventifs. Après cet instant de grâce le film reprend les rives du film policier mais le coeur n'y est plus. Lautner adopte le sentiment de son héros dans sa mise en scène en rendant distant et peu impliquant tout les échanges entre gangters et le casse prévu parait dérisoire face à la perspective du héros (et du spectateur) de retrouver Mireille Darc (dont on ne saura jamais le prénom jusqu'à la toute fin). Hardy Krueger dont le casting découle de la coproduction allemande s'avère des plus convaincant, une forte ressemblance avec Steve McQueen mais avec un côté plus humain et fragile qui fonctionne autant dans le côté policier du début du film que dans la veine romantique qui suit. Le Beyrouth des 60's (avec nombre d'effets et de musique psyché bien dans l'esprit de l'époque) est remarquablement illustré avec quelques vues somptueuse de la côte libanaise et une photo magnifique de Maurice Fellous pour un des Lautner les plus plastiquement réussis. Mireille Darc filmée sous littéralement tout les angles jusqu'à l'excès (il devait clairement en être amoureux) irradie l'écran, Francis Blanche en bourlingeur mythomane est très attachant, tout comme Maurice Biraud en gangster espérant son gros coup et on retrouve quelques habitués dans des rôle plus discret comme Venantino Venantini en milliardaire oisif. Très belle fin entre regrets et avenir radieux pour un des meilleurs Lautner. 5,5/6

et un peu de Audiard savoureux pour la route (qui montre quand même ici qu'il pouvait donner dans un autre registre que le bon mots gouailleur)

Ce que tu peux être con ! T'es même pas con, t'es bête. Tu vas jamais au cinoche, tu lis pas, tu sais rien. Si ça se trouve, t'as même pas de cerveau. Quand on te regarde par en dessus, on doit voir tes dents.

La putain est indissociable des choses de la mer. Je ne conteste pas qu'elle vérole un peu le matelot, mais, elle enjolive la conversation !
stan corben
CITATION(profondo rosso @ 31 8 2008 - 03:13) *
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La Grande Sauterelle (1967)



Réfugié à Beyrouth pour échapper à Marco (Georges Geret), Carl (Hardy Krueger), un voleur de charme, retrouve un ancien ami avec qui il fait le projet de kidnapper un milliardaire à la sortie du casino, le soir où il aura gagner beaucoup. Puis il fait la connaissance de Salène (Mireille Darc), une jeune fille très bien, dont il ne peut pas ne pas tomber amoureux.

Bonne grosse claque pour ce qui est pourtant un des Lautner les plus méconnus. Le début laisse à penser qu'on est dans la comédie policière typique dans laquelle Lautner est passé maître, avec un règlement de compte spectaculaire et extravagant et les bons mots du redoutable tueur incarné par Georges Geret. Puis la fuite du héros à Beyrouth apporte une touche exotique et dépaysante et le film de basculer dans le caper movie au mode opératoire assez original dans le genre, et un univers de casino assez classieux. Le film suit ainsi son cours, vampirisé au fur et à mesure par la présence de Mireille Darc, jolie fille que le héros reluque indifféremment avant que diverses rencontres dues aux hasard les poussent progressivement l'un vers l'autre. Ainsi le film quitte totalement sa trajectoire à mis parcours, bousculant nos attentes (comme celui d'un Mireille Darc femme fatale appâtée par le gain) pour un très long aparté romantique totalement où le temps semble s'arrêter. Le couple se livre à coeur ouvert dans de somptueuses ruines romaines, le personnage de Carl tendu à bloc et constamment aux aguets jusque là se dévoile totalement et impossible de ne pas tomber amoureux du personnage libre et insouciant de Mireille Darc. Plus la jolie délurée des premières collaborations avec Lautner et pas encore le sex symbol incendiaire des 70's, juste un personnage de fille toute simple ayant soif d'aventures et de découvertes. Lautner offre quelques moments exceptionnels à ses deux amoureux comme cette scène d'amour avec un vrai/faux concert classique en montage alterné des plus inventifs. Après cet instant de grâce le film reprend les rives du film policier mais le coeur n'y est plus. Lautner adopte le sentiment de son héros dans sa mise en scène en rendant distant et peu impliquant tout les échanges entre gangters et le casse prévu parait dérisoire face à la perspective du héros (et du spectateur) de retrouver Mireille Darc (dont on ne saura jamais le prénom jusqu'à la toute fin). Hardy Krueger dont le casting découle de la coproduction allemande s'avère des plus convaincant, une forte ressemblance avec Steve McQueen mais avec un côté plus humain et fragile qui fonctionne autant dans le côté policier du début du film que dans la veine romantique qui suit. Le Beyrouth des 60's (avec nombre d'effets et de musique psyché bien dans l'esprit de l'époque) est remarquablement illustré avec quelques vues somptueuse de la côte libanaise et une photo magnifique de Maurice Fellous pour un des Lautner les plus plastiquement réussis. Mireille Darc filmée sous littéralement tout les angles jusqu'à l'excès (il devait clairement en être amoureux) irradie l'écran, Francis Blanche en bourlingeur mythomane est très attachant, tout comme Maurice Biraud en gangster espérant son gros coup et on retrouve quelques habitués dans des rôle plus discret comme Venantino Venantini en milliardaire oisif. Très belle fin entre regrets et avenir radieux pour un des meilleurs Lautner. 5,5/6

et un peu de Audiard savoureux pour la route (qui montre quand même ici qu'il pouvait donner dans un autre registre que le bon mots gouailleur)

Ce que tu peux être con ! T'es même pas con, t'es bête. Tu vas jamais au cinoche, tu lis pas, tu sais rien. Si ça se trouve, t'as même pas de cerveau. Quand on te regarde par en dessus, on doit voir tes dents.

La putain est indissociable des choses de la mer. Je ne conteste pas qu'elle vérole un peu le matelot, mais, elle enjolive la conversation !

Vu il y'a tres tres longtemps, (lorsque j'étais petit donc), et j'en ai un bon souvenir, le fait d'en reparler me donne envie de le revoir.

profondo rosso


Fleur d'oseille (1967)



Tandis que Pierrot-La-Veine, après un fructueux hold-up, se faisait abattre par la police, sa «femme», Catherine, mettait au monde un superbe garçon. Dans la maison de repos où elle apprend, sans enthousiasme, son métier de mère, la jolie veuve reçoit bientôt des visites empressées : le commissaire, d'abord, qui tente de savoir d'elle où Pierrot a 'planqué' les dollars volés puis celle des bandes rivales... Catherine est muette ; elle ne sait rien...


Pas le meilleur de la collaboration Mireille Darc/Lautner (surtout après avoir vu l'extraordinaire "Grande Sauterelle" dont on parle plus haut) mais un bon petit film néanmoins, assez méconnu de son auteur. Le début très sombre est excellent, entre la traque d'ouverture où le gangster se fait tuer dans une gare, puis le ton très désespéré avec en parallèle l'acouchement de Mireille Darc qui se retrouve rapidement esseulée et menacée par la police et une horde de gangster. Le film fait preuve d'un certains réalisme social en nous montrant ces foyers pour fille mère sordide (avec René Saint Cyr maman de Lautner jouant la directrice) et le ton est assez noir à l'image du personnage de Mireille Darc assez résigné sur son sort. Comme souvent avec Lautner, une étonnante rupture se fait à mis parcours, le polar urbain et très sérieux annoncé bifurque lorsque la traque du magot amène le récit à la campagne. Le ton se fait plus léger et tranquille avec une Mireille Darc rayonnante découvrant les joies de la maternité au grand air tout en cherchant l'argent, tandis que le personnage de Paul Prebost amène son lot de moments énorme, dont une première apparition gratinée.Excellente Mireille Darc dans un de ses rôle les mieux écrit chez Lautner en femme perdue entre sa volonté d'avoir la grande vie et son nouveau rôle de mère et les seconds rôle ne sont pas en reste notamment Henri Garcin avec un beau personnage de gangster loyal et Andre Pousse qui sans être aussi inquiétant que dans "le Pacha" campe un imposant parrain. La dernière partie façon Fort Alamo avec siège de la maison de campagne étonne par son côté western rural assumé avec belle mise en valeur du décor et des gunfights efficacment filmé par Lautner. La scène voyant Mireille Darc débouler fusil à la main d'un air décidé pour trucider les gangsters ayant enlevé son bébé étant des plus jubilatoire. Parfois un peu long et ne gérant pas toujours bien ses ruptures de ton, le film se laisse néanmoins voir avec plaisir. 4,5/6

Et un peu d'Audiard qui nous lâche quelque truculentes réplique tout du long

Les jules sont tous convaincus de leur supériorité. Ils nous voient toutes au garde à vous. Le pire demi-sel, le plus tocard des traîne-lattes se prend pour Scarface. Rouler des mécaniques, c'est la maladie des hommes.
alien from zeta
Ah, Lautner ! Quel gars génial ! Comme tout le monde je crois, j'aime LES TONTONS FLINGUEURS. Très bons acteurs, dialogues impeccables (aux quat' coins d'Paris qu'on va l'trouver, éparpillé façon puzzle). C'était la grande époque du cinéma français. Il se tournait d'excellents polars et des comédies de très bonne facture. Autre chose que LES BRONZES 3 ou ASTERIX AUX J.O.

Mais je voudrais attirer l'attention sur un film de Lautner moins connu mais très bon lui aussi, je veux parler de PAS DE PROBLEME ! Au départ, une idée toute simple et une situation qui dérape pour se tranformer en course poursuite. A conseiller à ceux qui ne connaissent pas.
profondo rosso


Vu "Quelques messieurs trop tranquille" dont a déjà parlé Ouaisbiensur



Un pitch et un cast gratiné (Jean Lefebvre, Paul Préboist, Michel Galabru, Henry Guybet) qui annonce une bonne grosse farce avec le village paumé de Loubressac où il ne se passe rien où presque voit son quotidien bouleversé par l'arrivée d'une troupe de hippie. Si le film joue effectivement de ce ressort comique de l'opposition des modes de vie (avec les villageois austère et coincé contre hippie bien clichés mystique et se baladant nus) le scénario astucieux (co écrit avec Jean Marie Poiré) parvient à distiller un sympathique récit d'amitié où les deux communauté apprennent à se connaître et s'apprécier pour au final s'unir face au complot ourdit face un André Pousse odieux à souhait en gangster gouailleur. On se s'ennuie pas une seconde grâce au prestation des énergumènes et le film regorge de moments autres réjouissant : Galabru qui fait diversion en draguant au soleil des filles de la ville à coup de poème, une poursuite en voiture en campagne des plus efficace (merci Remi Julienne) et le final en forme de guérilla au village avec hippie et bouseux contre les gangsters armés jusqu'au dents. Pas son meilleur mais plus sympathique et réussi qu'un "Ils sont fous ses sorciers" (faudrait vraiment que je le revoie celui là icon_mrgreen.gif ). C'est également l'occasion de voir Miou Miou toute mimi dans un de ses premiers rôle et d'admirer Jean Lefèbvre en moi ne boudhiste lors d'une dernière scène tordante. 4/6
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